🔎 Décryptage

Google troque les clics contre des paiements

Google troque les clics contre des paiements

Google a tué le clic, il sort maintenant le chéquier

Ce qui se passe. Petit rappel : quand vous cherchez sur Google, une réponse écrite par l’IA apparaît maintenant tout en haut, avant les liens, et l’onglet « Mode IA » vous permet même de discuter avec Google comme avec ChatGPT. Ces réponses puisent dans les articles de presse et Google a décidé de payer pour ça : plus de 400 publications, dont CNN et le Financial Times, sont maintenant rémunérées pour nourrir ses fonctions d’IA, sans que les montants soient dévoilés 😏.

Pourquoi ça compte. Ce chèque tombe au moment où les médias perdent leurs lecteurs. Selon Chartbeat 🔗, le trafic envoyé par Google aux sites d’info a chuté de 40 % en un an, car la réponse s’affiche directement dans la page de recherche (pourquoi cliquer quand on a déjà l’essentiel ? 🤷). Google remplace donc peu à peu le clic par le chèque, à ses conditions.

Les limites. Tout le monde n’est pas payé pareil. Dans un autre programme de Google réservé aux petits et moyens sites, certains ont touché moins de 1 000 dollars en plusieurs mois, quand d’autres dépassent le million par an, sans savoir comment le montant est calculé. Et rien ne garantit que ces paiements compenseront un jour les lecteurs perdus.

À retenir. Ces réponses IA n’existent que parce que des journalistes écrivent les articles dont elles se nourrissent. Si les médias perdent trop de lecteurs pour continuer à enquêter, que restera-t-il à résumer ? 🤔

👁️ L’œil Business

Plus d’IA, plus de réunions ?

C’est en tout cas ce qu’a constaté Anthropic chez ses propres salariés : depuis qu’ils travaillent avec des agents, ils passent 20 % de temps en plus en réunion (on espérait plutôt l’inverse 😅). Logique, quand on y pense : si les agents prennent en charge l’exécution, il reste aux humains la coordination, c’est-à-dire se mettre d’accord, arbitrer et décider ensemble. Au point qu’un salarié sur cinq dit que son travail consiste surtout à piloter des agents. Finalement, avec l’IA, on deviendra peut-être tous un peu managers… même ceux qui n’encadrent personne. Voir plus 🔗

📌 Les 3 mises à jour clés de la semaine

Deep Review, ChatGPT et Copilot à l'honneur

Deep Review : le relecteur IA de Google qui traque vos incohérences

Au départ, Deep Review servait à relire des articles scientifiques pour repérer les erreurs de raisonnement avant leur publication. Google l’ouvre maintenant à tous pour relire vos documents complexes : dossiers techniques, présentations, contrats ou documents financiers. Il vérifie par exemple que les clauses d’un contrat concordent avec ses tableaux de chiffres, ou que le message d’une slide correspond bien au graphique. Vous avez droit à deux relectures gratuites par semaine. Et non, vos documents ne servent pas à entraîner les modèles de Google 😉. Tester l’outil 🔗

Avec ChatGPT Slides, le deck se construit à plusieurs (et bonus, ChatGPT lit vos onglets Chrome)

ChatGPT savait déjà générer des fichiers PowerPoint, mais avec ChatGPT Slides, il propose son propre format de présentation rangé dans son espace de travail partagé : vos collègues modifient le même deck en temps réel et laissent leurs commentaires, et chacun peut retoucher un graphique à la main ou demander à ChatGPT de le faire. Attention, une fois exporté en .pptx, le deck redevient un fichier classique. (Claude propose déjà un éditeur de slides partagé depuis début octobre. ChatGPT se met surtout à niveau 😉). Autre nouveauté, une extension Chrome permet à ChatGPT de voir la page que vous consultez et même d’agir dans vos onglets avec ChatGPT Work. Par exemple, ouvrez trois offres de logiciels concurrents et demandez-lui un tableau comparatif. Voir ChatGPT Slides 🔗 Voir l’extension Chrome 🔗

Conférence OneDrive + Copilot : qui a modifié le budget, vous ou l’IA ?

Pas grand-chose à se mettre sous la dent lors de cette conférence, puisqu’une bonne partie des annonces était déjà en cours de déploiement. Deux d’entre elles pourraient tout de même vous intéresser. Premièrement, OneDrive saura bientôt repérer les fichiers créés avec l’aide de l’IA et indiquer quels agents y ont contribué, ce qui sera pratique quand on ne saura plus qui, du collègue ou de Copilot, a modifié le budget 😅. Et deuxièmement, Copilot pourra construire un rapport à partir de vos fichiers et enregistrer la méthode comme une skill pour le refaire le mois suivant. Voir plus 🔗

📊 Adoption & marché

Le chiffre qui parle
×5 : la hausse du coût des agents IA prévue d’ici 2028, même avec des tokens moins chers

Selon Gartner, faire travailler un agent IA coûtera plus de 5 x plus cher d’ici 2028, alors que le prix de base des tokens continue de baisser. Deux raisons à ce paradoxe : un agent consomme 5 à 30 fois plus de tokens qu’un chatbot pour la même tâche et les modèles les plus puissants coûtent de plus en plus cher. Voir plus 🔗

L’Oréal teste les agents IA dans ses entrepôts. Pendant six mois, dans quatre entrepôts (Mexique, Pologne, Italie, Corée du Sud), le groupe a mesuré +14 % de productivité sur la préparation des commandes. Étendu à ses 40 sites, le gain représenterait environ 60 000 heures par an. Voir plus 🔗

Doctolib prépare votre futur assistant de santé. Déjà testé par 400 000 Français, il répond à vos questions et vous aide à préparer vos rendez-vous, avant une ouverture à tous prévue en 2027. Nvidia vient d’entrer au capital pour accélérer le projet, mais la Ligue des droits de l’Homme s’inquiète de l’usage des données de santé. Voir plus 🔗

Le Crédit Agricole s’allie à Mistral. La nouvelle filiale IA du groupe va développer avec la start-up française un agent conversationnel pour les clients des banques de proximité et automatiser certains processus avec des agents. Elle travaille aussi avec Prisme.AI pour que les salariés puissent créer et partager leurs propres agents. Voir plus 🔗

Chez McKinsey, l’entretien d’embauche se passe face à un client IA. Dans quelques bureaux nord-américains, des candidats juniors échangent dix minutes avec un avatar qui joue le rôle d’un client. Ce sont toujours des humains qui notent, en observant si le candidat écoute vraiment ou déroule son discours. Voir plus 🔗

La NBA met l’IA sur la piste des paris truqués. Après plusieurs scandales, la ligue a développé un outil qui croise statistiques de match, rapports de blessures, rumeurs des réseaux sociaux et données de paris pour repérer les mises suspectes. Elle a aussi interdit les paris les plus faciles à manipuler, comme le premier panier du match. Voir plus 🔗

🔮 Le radar de Joynt

Le signal faible
Anthropic veut redistribuer une partie de la richesse générée par l’IA

Anthropic va réserver 5 % de ses actions à un fonds d’intérêt général, avec 2 % de plus à chaque fois que sa valeur grimpe de 50 %. Pour l’instant, rien n’est versé : les actions restent dans une structure détenue par l’entreprise, qui évoque des dons à des associations ou une aide directe aux personnes touchées par l’IA sur le marché du travail, sans encore dire qui en profitera ni qui décidera. L’annonce tombe juste avant l’entrée en Bourse d’Anthropic, de quoi se demander si c’est de la générosité ou de la communication 🙃. Voir plus 🔗

Outils à découvrir

  • Supersonik 🔗 : une plateforme de démo en direct, où un agent IA navigue dans votre vrai logiciel, répond aux questions à l’oral, qualifie le prospect et envoie les informations dans votre CRM. Les démos se partagent par lien ou s’intègrent à votre site, 24 h/24 et dans la langue de votre prospect. Pour qui ? Les équipes commerciales et marketing B2B qui veulent multiplier les démos sans mobiliser un commercial à chaque fois. 🔥 L’effet « waouh » est garanti, je la conseille vivement si vous vendez un logiciel en ligne.

  • Readywhen 🔗 : un assistant IA qui vit dans WhatsApp et vous aide à ne rien oublier. Il repère les promesses faites dans vos mails, appels et messages, identifie qui attend une réponse de votre part et prépare les relances. On peut lui écrire, lui laisser un vocal ou même l’appeler pour lui confier une tâche. Pour qui ? Les entrepreneurs et indépendants qui veulent tout suivre sans ajouter un outil de plus.

  • Hintly 🔗 : une extension Chrome qui vous souffle discrètement, pendant un appel Google Meet, la définition d’un terme, d’un acronyme ou d’un nom que vous ne connaissez pas. Elle peut aussi vérifier un chiffre avancé et noter les tâches évoquées, sans qu’aucun robot ne rejoigne la réunion puisqu’elle s’appuie sur les sous-titres de Meet. Pour qui ? Ceux qui enchaînent les réunions techniques ou avec des clients d’un autre secteur.

  • Teachoo 🔗 : un tuteur IA gratuit qui ne donne pas la réponse. Il pose une question à la fois, donne des indices progressifs et explique l’étape qui bloque. Il suffit de taper l’exercice ou de le prendre en photo, en maths, sciences, rédaction, histoire ou code. Pour qui ? Les parents qui veulent aider leurs enfants à apprendre plutôt qu’à copier une solution.

👀 Juste pour ne pas passer à côté

  • WhatsApp cachait des consignes secrètes pour son chatbot dans ses pages d’aide. Invisibles pour les internautes, elles demandaient par exemple à l’IA de ne pas conseiller de contacter une autorité de protection des données. WhatsApp parle d’un bug, désormais corrigé. Voir plus 🔗

  • Environ 300 auteurs attaquent Meta en justice. Ils accusent le groupe d’avoir entraîné ses modèles d’IA sur des livres piratés, et près de 1 000 autres auteurs doivent suivre dans les prochains mois. Voir plus 🔗

  • YouTube Music signale les morceaux créés par IA. Une étiquette apparaît sur les titres où l’IA a joué un grand rôle dans la composition ou la voix, et elle arrivera bientôt sur YouTube. Voir plus 🔗

  • Amazon relance Bee, ses objets qui écoutent votre journée. Un bracelet à 75 dollars et bientôt un boîtier aimanté au dos du téléphone à 100 dollars résument vos conversations. Le patron des appareils d’Amazon prédit même une génération qui n’aura plus besoin d’applis. Voir plus 🔗

  • HubSpot met un frein aux dépenses d’IA. Un plafond de dépenses est désormais activé par défaut et les clients peuvent échanger des licences contre des crédits IA sans attendre la fin de leur contrat. Voir plus 🔗

  • Salesforce prépare son agent de prospection. Baptisé Hunter, il apprend la méthode commerciale d’une équipe à partir de ses appels, mails et notes, puis rédige des messages que le commercial valide. Encore en test, il doit sortir d’ici la fin de l’année. Voir plus 🔗

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